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Je suis la Médecine Libérale

Pendant des siècles la médecine française a rayonné dans le monde entier. Au siècle dernier, c’était un exemple d’organisation, avec un secteur public et privé concurrentiels, complémentaires et performants, avec des coûts et une couverture sociale enviables. De réformes en réformes les deux se meurent, et la Loi santé votée de jour est un coup mortel porté à la médecine libérale portant atteinte à :

  • La liberté d’installation
  • La liberté de prescription
  • La liberté de choix du patient
  • Au paiement à l’acte

Faire des réformes c’est bien si c’est pour faire mieux. De réformes en réformes, l’éducation nationale fait moins bien pour plus cher, il en sera de même pour la médecine. Pas étonnant, ce sont toujours les mêmes irresponsables (= non responsables de leurs actes) qui décident de ce que les autres doivent faire.

Gérard Maudrux

Gérard Maudrux

10 Commentaires

  1. Médecin retraitée depuis 3 ans ,ayant été hospitalière et libérale à la fois, je partage l’avis du Dr Fauvet n’ayant jamais compté ni mon temps ni mes actes gratuit en libéral et ayant eu besoin tant de l’hospitalier que du libéral dans mon exercice je me suis toujours opposée aux DE démenciels
    en dirigeant mes Patients vers de la confraternité raisonnable . Je pense et aime à croire que quelque sera le système de santé à venir il y aura toujours des Jeunes passionnés par notre côté scientifique et humanitaire qui sauront se tourner vers l’autre dans l’écoute et le dévouement .

  2. Le Dr MAUDRUX anticonformiste?
    Les opinions de Mr Maudrux en tant que citoyen sont, en réalité, restés au fil des ans très conformistes et représentatives d’une fraction ultra libérale de la population, son anti-étatisme un peu primaire répondant en miroir à l’étatisme et au jacobinisme tout aussi primaire de ses adversaires. L’évolution rapide de notre société bien représentée actuellement, me semble t’il, par le « Macronisme » a rendu parfaitement désuets ces conflits de guerre froide qui ont bloqué tout progrès. A cet égard les commentaires de Mr Maudrux n’apportent rien de nouveau par rapport a ceux des lecteurs du Point et de Valeurs Actuelles.
    Question plus importante : les opinions, exprimées à l’emporte pièce mais respectables, du docteur Maudrux sont elles représentatives de la profession? La moitié des médecins est désormais salariée et l’autre n’est plus , et depuis longtemps libérale mais désormais conventionnelle et dépendant de l’Etat bien sur mais aussi et bientôt des grands groupes assurantiels et pour les cliniques privées des fonds d’investissements volatils. Pour défendre leur nécessaire indépendance nos confrères devront sans doute se garder de la peste étatique mais aussi du choléra ultra libérale!! Je pense que le Dr Maudrux n’est pas anticonformiste mais simplement à contre temps. S’il faut absolument un Blog ( un bon éditorial pourrait suffire) pourquoi ne pas le confier à un confrère jeune, en activité, pragmatique et dégagé des dogmatismes anciens?
    Dr JP Gicquel. Vieux médecin retraité.

    • A chacun son opinion, et je respecte.
      Représentatif ? Vous ignorez le résultat des élections tous les 3 ans depuis 18 ans. Ultra-libéral ? Des faits SVP. Ma ligne de conduite a toujours été l’équité entre confrères et non l’individualisme, et la Carmf est de toutes les caisses de France, celle qui dépense le plus en action sociale par affilié. Vous qu’avez vous fait pour les autres ?

  3. Notre système de santé a été désigné comme le meilleur système de santé du monde en 2000 par l’OMS car il était multiple et complémentaire : CHU assez performants et capables de 1ères médicales mondiales (quelle tristesse que celui qui avait transplanté 2 mains soit ensuite devenu député au lieu de continuer ds cette voie extraordinaire !) et de la formation de « compagnons » performants, cliniques s’implantant dans des zones deshéritées ou riches, PMI prenant en charge la petite enfance, dispensaires, médecins libéraux créant un maillage serré du territoire même si l’autorisation de plus en plus tardive de remplacer a privé bon nombre de médecins de campagne de remplaçants précieux qui trouvaient là matière à formation idéale voire vocation rurale. Depuis le plan JUPPÉ, l’inflation administrative et l’absence de revalorisation dissuade les jeunes de choisir la MG, les internes préférant doubler, tripler ou aller à l’étranger pour avoir la spécialité désirée pendant que des postes au rabais sont pris par des médecins étrangers plus ou moins bien formés, que des pans entiers de notre activité sont paramédicalisés. Le TPG et les nouvelles normes handicapés font partir à la retraite des médecins qui seraient restés sans ces tracas nouveaux. Peut-être était-ce le but recherché : réduire encore l’offre de soin pour faire émerger une nouvelle génération connectée ? Sauf que cette nouvelle génération privilégiera sa vie de famille au détriment de la famille de ses patients : fini le médecin qui suit toute la famille, bonjour le cabinet de groupe qui assure 5j/7 vacances scolaires et w-e exclus, les structures de type SOS médecins bouchant les trous et faisant les visites à domicile. Il est vrai que la versatilité de certains patients de nos villes n’encourage pas les médecins installés à faire des efforts.
    Pour conclure, je dirai que nos politiques devraient s’inspirer de ce modèle salué par l’OMS en 2000 au lieu de vendre la médecine aux assurances dans l’indifférence générale (un médecin malheureux sera un médecin désabusé donc un mauvais médecin)

  4. La médecine française est en effet enviée par le plus grand nombre mais surtout parce qu’elle est celle qui assure la meilleure couverture sociale et qu’elle est, apparemment, la moins coûteuse pour chacun d’entre nous et la plus accessible à tous, quel qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Mais elle n’est certainement pas, comme vous dites, « un exemple d’organisation, avec un secteur public et privé concurrentiels, complémentaires et performants, avec des coûts et une couverture sociale enviables ». Je me permets d’affirmer avec autant d’autorité er de conviction que celles que vous semblez afficher, le contraire ou plutôt un avis plus nuancé. Je suis médecin , retraité certes depuis 8 ans, mais j’ai aussi eu 40 années de pratique médicale , essentiellement au sein de l’hôpital public, mais pas exclusivement, et j’ai aussi une assez bonne connaissance du secteur libéral de la médecine et du secteur privé associatif ( où exercent médecins salariés, médecins libéraux et praticiens hospitaliers, de façon ponctuelle pour ces derniers ). La médecine libérale ne se meurt pas mais elle refuse de s’adapter aux changements nécessaires. Cessons SVP de souligner, de façon quasi lancinante et malhonnête, à mon goût, les aspects « complémentaires » de l’exercice « libéral » et de l’exercice en milieu hospitalier public de la médecine. Vous savez que ce n’est pas de complémentarité qu’il s’agit mais, surtout et de plus en plus, essentiellement de concurrence et que, fort heureusement, les hôpitaux publics et leurs praticiens continuent à prendre en charge, avec un dévouement dont tous les médecins devraient s’inspirer, les laissés pour compte de la médecine ( marginaux sans couverture sociale, assurés les plus démunis, étrangers en transit ou pas, personnes âgées et dépendantes… ) ainsi que les « urgences » réelles ou ressenties ( chez les adultes comme chez les enfants ) et les citoyens qui refusent de payer des dépassements d’honoraires indignes, voire parfois monstrueux. Mais si vous souhaitez que cette tendance se poursuive et se concrétise pour le plus grand confort des médecins libéraux et pour garantir aux établissements privés les plus lucratifs les meilleurs revenus sans avoir à supporter ces charges moins « gratifiantes » , autant le dire, car c’est là une option qui pourrait se défendre! En effet c’est alors que la « complémentarité » aurait un sens, celui qui consiste à dire que les actes les plus gratifiants et la meilleure qualité de vie pour les médecins seront assurés par les « libéraux » et que tout ce qui relève du « social » et des « urgences », en tout genre sera pris en charge par le secteur public hospitalier,; tendance qui semble déjà se developper depuis plusieurs années, du fait en partie de l’abandon par le secteur libéral de certains champs de la médecine ( pervenche des soins, accueil des urgences, activité en milieu rural, etc…
    Mais concernant les fameux dépassement d’honoraires et le conflit engagé de façon malsaine à propos du paiement à l’acte, je vous accorde que sur ces points je déplore aussi que certains « hospitaliers « , même si leur nom n’a rien de flamboyant et n’a pas toujours à une grande notoriété, ont su se se distinguer et se distinguent encore, honteusement à mon avis, par l’ adoption de la pratique du dépassement d’honoraires, et ce à un niveau inqualifiable et indigne d’un médecin qui a prononcé le serment d’Hippocrate! En cela il rejoignent en effet certaines pratiques dites « libérales » en ce qu’elles ont de plus minable, par leurs excès, et qui plus est en faisant pire… Il serait temps de reconnaître que cette fameuse complémentarité, dont les libéraux sont si fiers mais pour des raisons le plus souvent opposées à celles des hospitaliers, a vécu et qu’il conviendrait soit de mettre fin à ce système soit de le modifier en exigeant , de chaque praticien , autant de disponibilité, de compétence et de capacité d’écoute ( et de réponse ) au patient, quel qu’il soit, qui se confie à lui ou qu’on lui confie, et… en lui assurant des conditions de travail et des revenus convenables et comparables, au moins pour le même travail et le même temps d’exercice de notre métier ( rappel: métier= ministèreIl ).Il y aurait encore beaucoup à dire mais merci d’avoir permis, via ce blog, cet échange, que j’espère fructueux et qui doit rester serein.

    • Merci. Contribution intéressante, et on pourrait débattre des heures avec du pour et du contre sur ce vaste sujet. Je ne relèverai qu’un point : votre vision du privé. J’ai pendant des années fait les petits bobos non « lucratifs » aux urgences dans la plus grosse clinique du département, la clinique n’y est plus autorisée. Le même établissement faisait également de la chirurgie cardiaque avec une réanimation adéquate, le tout fermé par l’ARS pour pouvoir faire vivre l’équivalent du CHU, malgré de meilleurs résultats. Les cliniques ne refusent rien, peuvent et veulent tout faire si on leur en donne les moyens.

    • en réponse au Dr POLLINI
      cher confrère vous semblez oublier la majorité silencieuse de base que sont les généralistes qui travaillent pour la plupart sans se trop plaindre en secteur 1 avec une grande disponibilité (certes un peu peu moins qu’il y a 10 ou 15 ans) mais tout de même n’oubliez pas que nous effectuons de gros horaires très gros parfois et s’il y a « des brebis égarées « je pense que la plupart d’entre nous exerçons honnêtement .Aussi je n’aime pas trop votre vision un peu trop manichéenne à mon goût du privé car pour ma part j’ai l’impression de donner largement plus que je ne reçois et je ne pense pas avoir à recevoir de leçons de dévouement .Quand à la vision négative du tiers payant auquel vous semblez faire allusion il est évident que quand la CPAM vous règle les feuilles de soin papier 3 mois plus tard comme cela m’est arrivé l’an dernier ça n’inspire pas confiance d’emblée !!
      enfin les Collègues hospitaliers ne sont pas seuls à gérer le pauvre et l’indigent sans le faire payer et oui ! Sauf que pour ma part j’ai en plus mon secrétariat à payer mon cabinet à payer mon matériel à payer mes vacances à payer etc…. ceci n’est pas négligeable et à l’air d’ échapper au regard de ceux qui n’ont pas ou peu de pratique libérale ( il m’arrive parfois de souhaiter un salariat c’est vous dire que l’exercice devient parfois pénible )
      cordialement

      • J’ai toujours eu le plus grand respect et admiration pour les nombreux praticiens libéraux qui exercent la médecine générale, dans des conditions parfois difficiles , que je n’ignore pas moi sous estime, et j’ai d’ailleurs eu toujours d’excellentes relations avec eux. Je sais ce qu’est la vie et ce que sont les contraintes d’un généraliste; plusieurs d’entre eux ont été et sont encore des amis. Je ne me suis pas contenté lors de séances « d’EPU », invité par eux , en complément de mon activité hospitalière ( Néphrologue chef de service au CH d’Avignon ). Je ne généralise pas à tous les praticiens du secteur libéral, comme d’ailleurs de l’hôpital public ( pour lesquels je n’ai pas toujours eu des mots tendres, y compris dans mon précédent commentaire ) mais j’ai jugé utile de rappeler où se situent les priorités et je constate qu’elles sont peu différentes de votre.
        Ma réaction a été simplement provoquée par le contenu du message du Dr Mandrux.Merci de votre réponse.

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