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Reversions : la répartition montre son vrai visage.

Les dernières déclarations orientant vers la suppression des réversions a mis en émoi les Français. Ce n’est pourtant qu’une évolution naturelle de la répartition : premiers arrivés, premier servis, derniers arrivés : tu cotises pour les autres, mais tu n’as rien, car on ne peut plus payer. La répartition montre là à nouveau son vrai visage, que l’on tentait de masquer ces derniers temps par de beaux mots comme universalité, équité, égalité.

On ne nous a pas dit que les réversions vont être aménagées, rendues plus justes d’un régime à l’autre, non, mais que l’on envisage de les supprimer, avec un cafouillage en matière de communication. Même le Président de la République est intervenu : « aucun bénéficiaire actuel ne verra sa pension de réversion diminuer, ne serait-ce que d’un centime ». Appréciez le « bénéficiaire actuel », ce qui veut bien dire que ses propos ne concernent pas des suivants. On a alors tenté de minimiser les projets en disant que certaines baisseront, d’autres augmenteront, ce qui est en contradiction avec la règle de base de la réforme : chaque euro cotisé doit donner les mêmes droits !

Tel que j’ai compris les choses : on ne touche pas les réversions en cours, par contre on envisage à l’avenir de les supprimer. Je l’ai compris d’autant plus dans ce sens que je sais que ce projet est dans les cartons de nos énarques depuis plus de 15 ans. Une première étape a été la mise sous conditions de ressources, supprimant nombre de réversions du régime de base. Rappelons que les premiers textes retenaient les reversions des régimes complémentaires dans les ressources, ce qui fait que chez les médecins (et pour beaucoup de Français), toucher une réversion d’un régime complémentaire faisait perdre ses droits pour la réversion de base ! Nous nous étions battus contre avec succès. Certains auront cotisé toute leur vie pensant avoir ces droits, l’auront financé pour d’autres, mais n’en verront pas la couleur. Est-ce cela qui va se passer ? Est-ce cela la justice, l’équité d’un système solidaire ?

Du fait de l’accroissement de la longévité qui déséquilibre le rapport démographique (malgré l’allongement peu efficace de la durée de cotisation, cf : http://blog.gerardmaudrux.lequotidiendumedecin.fr/2017/12/27/retraites-pourquoi-allonger-la-duree-de-cotisations-ne-marche-pas/ ) il faut sans cesse rechercher comment équilibrer nos régimes. Après avoir utilisé le levier augmentation des cotisations porté à un niveau presque insupportable, on a commencé de manière indirecte à baisser les retraites (de plus en plus difficile d’obtenir le taux plein avec l’augmentation des trimestres, augmentation de la CSG pour réalimenter les fonds sociaux,..) on s’en prend maintenant aux plus pauvres : les réversions. Beaucoup sont indignes de notre système social, ne permettant pas de vivre décemment. On ne pourra plus s’en plaindre, car cela n’existera plus. Ce sera sans doute remplacé par d’autres prestations comme le minimum vieillesse, mais pour moi vivre sur des droits correspondants à des cotisations versées ou vivre de la charité publique, ce n’est pas la même chose, question de dignité. J’ose espérer, et je le pense, que les déclarations récentes n’étaient qu’un ballon d’essai, pour voir jusqu’où ils pouvaient aller. Je crois qu’ils ont vu, mais il y a quand même l’intention, et elle reviendra sournoisement.

En répartition, vous ne cotisez pas pour votre retraite, rien n’est mis de côté, mais vous cotisez pour ceux qui sont à la retraite. Cette situation est tout à fait supportable si vous toucherez un jour les mêmes droits, mais ce n’est pas le cas. On vous fait croire que ce sera le cas, mais ceux qui vous le disent savent très bien que ce ne sera pas possible, que vous n’aurez pas ce que vous croyez devoir avoir le moment venu. Vous aurez cotisé toute votre carrière pensant que votre conjoint aurait une réversion, on vient de vous faire comprendre que ce n’est pas tout à fait comme cela que cela se passera.

La répartition n’est ni juste, ni équitable, non seulement entre travailleurs d’une même génération, ce que le gouvernement veut améliorer, et je le soutiens, mais elle n’est pas et ne peut être juste et équitable d’une génération à l’autre. La génération suivante payera pour vos droits qu’elle n’aura pas.

L’universalité par définition s’étend à l’ensemble des individus, mais il semble que ce terme ne peut, pour des raisons mathématiques, être associé à la répartition, sauf à la considérer comme ce qu’elle est : une chaîne financière universelle, universelle car obligatoire pour tous, mais où seuls les premiers gagnent.

Enfin pour terminer sur les réversions, je vous renvoie à mes propositions de décembre, propositions visant non à la suppression, mais à faire passer les réversions de 50-60% à 100%. http://blog.gerardmaudrux.lequotidiendumedecin.fr/2017/12/15/reforme-des-retraites-supprimons-la-reversion/ .  Nos dirigeants ne semblent pas savoir qu’une réversion ne suffit pas à payer les frais fixes du « survivant » d’un couple. Si la nourriture est effectivement divisée par deux, ce n’est pas le cas du logement, du chauffage et de tous les frais fixes. La moyenne des réversions tourne autour de 700 euros, ce qui veut dire que la moitié de ces réversions sont inférieures à cette somme. C’est encore trop pour nos dirigeants ?

Gérard Maudrux

Gérard Maudrux

25 Commentaires

  1. Actuellement, quelle est le montant moyen de reversion versé à l’épouse d’un médecin retraité dcd ?

  2. ASV=SYNDICATS=POIGNON=MACRON= Thomas FATOME= »MAUDRUX est un ILLUMINE! »

    NON, Mr MAUDRUX, vous n’êtes pas seul mais vous faîtes partie de la minorité face à la facilité de l’imprévoyance, de l’incompétence,
    Que ceux qui se contentent de vouloir radier la CARMF ne se trompent pas de cible et s’adressent en premier à leurs syndicats,les vrais responsables, avant de s’attaquer des personnes qui passent leur temps dans le quasi-bénévolat.

    • Merci. Je me sens un peu moins seul. Quand on a l’habitude de remettre en question y compris ses propres propos ou actions et qu’on se sent seul, on se demande si on n’a pas tort.

  3. Une interrogation et une réflexion technique.
    De quelle espérance de vie parle t ton ? A la naissance ou à partir de l’âge où l’on peut travailler. A une période l’augmentation de l’espérance de vie n’a elle pas été essentiellement due aux progrès en périnatalité ?
    Cela est il pris en compte pour les raisonnements sur les retraites et les comparaisons selon les époques ?
    La valeur pour une variable qui sépare en deux parties égales une population n’est elle pas une médiane et non une moyenne ?
    Dans bcp de régimes salariés il n’y a pas de cumul entre la retraire et la réversion.
    Merci pour tous ces échanges.

    • Bonjour
      Quand on parle d’espérance de vie en général, c’est toujours à la naissance. Aujourd’hui c’est 79 ans pour les H, 85,2 ans pour les F. Quand on fait les projections pour un régime de retraite, c’est bien entendu l’espérance de vie à l’âge de chaque affilié, vous avez raison d’évoquer ces différences d’espérances de vie. A 65 ans, c’est 84 ans pour les H et 88 ans pour les F, et à 70 ans, respectivement 85,3 et 88,7 ans.
      Je n’ai jamais entendu évoquer l’espérance de vie à l’âge de travailler. On parle plutôt de durée de travail (trimestres de cotisations), ce qui fait effectivement une différence selon qu’on commence à 18 ans ou à 35 ans (pour un médecin par exemple). Pour info, espérances de vie à 20 et 30 ans : H = 79,5 et 79,9 ans, F = 85,6 et 85,7 ans. Les différences pour le même sexe sont peu significatives, donc peu d’incidence.
      Pour comparer selon les époques, quand on parle de retraite, le meilleur indice serait la durée de vie active et en retraite. Aujourd’hui chez les médecins par exemple, c’est 32 ans de cotisations (âge moyen d’installation 2017 = 37,3 ans (!) en libéral, études longues et installations tardives souvent inexpliquées), et durée de retraite 20 ans (retraite prise à 65,7 ans). Le hic et que ces chiffres sont de moins en moins comparables car si l’âge de départ moyen est de 65,7 ans, 11 800 continuent une activité avec la possibilité de cumul emploi+retraite.
      Quand on dit qu’en 1945 l’espérance de vie était de 65 ans, c’est très certainement à la naissance. Et quand on prenait sa retraite à 65 ans, l’espérance de vie à cet âge et donc de vie en retraite était de ? Je n’ai pas les chiffres. Ce serait intéressant de le trouver. Aujourd’hui, c’est 19 ans d’espérance pour un homme à 65 ans. A la naissance on a gagné 14 ans d’espérance de vie depuis 1945. A 65 ans, c’est sans doute à l’époque entre 0 et 5 ans d’espérance de vie, sans doute autour de 5 car effectivement les gains (espérance à la naissance) de l’époque se faisaient plus les premières années de vie.

  4. Oui mieux vaut partir de la carmf au plus vite , et constituer soi même sa retraite comme l’autorise le droit européen.
    Les taux de cotisation de la carmf grimpe d’année en année , pas mes revenu , mon pouvoir d achat s’amenuise.
    À la retraite je ne verrais jamais la couleur de cet argent , alors que si j’avais pu tout mettre sur une assurance vie j aurais été décisionnaire de ma retraite , de l âge auquel je souhaite arrêté.

    • Vos motivations sont 100% recevables, mais ne vous trompez pas de combat. Votre interprétation du droit Européen a montré depuis 30 ans qu’elle n’était pas la bonne, des milliers se sont cassé les dents, pas un seul n’a réussi. Battez vous pour supprimer déjà un régime, nous sommes les seuls grâce à nos syndicats à en avoir 3 obligatoires au lieu de 2. Quand j’écris aux confrères pour cela, pas la moitié ne répond, et sur ceux qui répondent la moitié est favorable. Les médecins ont un peu ce qu’ils méritent, ce qu’ils défendent, et c’est légal. Il y a aussi le prix de la consultation, à un niveau normal, vous n’auriez pas de problème pour régler.

      • Tres sincèrement c’est la question que je me pose souvent … pourquoi la CARMF est elle neurasthénique ? Les mots du président avec les appels de cotisations dénoncent toujours le système et l’échappement de l’ASV avec hausse des cotisations mais pourquoi colle vous l’aviez fait vous meme le président de caisse ne remet par le couvert en lançant une consultation auprès des medecins pour avoir leur avis sur ce régime et si favorable à fermeture en majorité repartir sur une réunion Avec les syndicats qui ne pourront alors plus nier l’évidence si les résultats de la consultation sont positifs …
        À qui écrivez vous ? De quelles lettres parlez vous ? Moi je n’ai rien reçu … et parlais ceux qui vous répondent qu’elles sont les motivations de ceux qui veulent préserver l’ASV et sont contre sa fermeture … se battre oui moi je veux bien je suis le premier à vouloir remettre tout ça sur le tapis et à vouloir y consacrer le temps qu’il faudra … mais comment faire concrètement ? Quand on est seul dans son coin …

        • Bonjour. Il faut savoir que l’ASV est une décision des caisses maladie et des syndicats, c’est piloté par eux et eux seuls avec la Direction de la SS au Ministère sur le plan technique. La Carmf n’est que prestataire de service, on lui dit combien encaisser, combien donner, elle ne participe pas aux décisions, elle ne peut rien modifier.
          Il y a quelques années, j’avais fait une consultation auprès des affiliés, on m’avait bien dit que c’était sans valeur mais je l’ai fait quand même. La réponse des confrères ? Sans signification pour faire pression avec les abstentions.
          J’ai toujours dit la vérité, en 1994 j’annonçais qu’à terme un euro (franc) cotisé donnerait un jour 15 fois moins en une génération, nous y sommes et c’est exactement le chiffre. Il y a 15 ans, je disais que les cotisations doubleraient et les retraites seraient divisées par 2, cela s’est vérifié. Chaque fois on a dit que je disais n’importe quoi. Le 3 janvier 2012 de Directeur de la SS m’écrivait pour critiquer ma communication sur l’ASV et me demandait de lui soumettre à l’avenir mes éditos avant publication ! J’ai répondu que je ne connaissais qu’un seul censeur, les confrères, et je me suis plaint au Ministère de ce comportement d’un fonctionnaire à l’égard d’un élu. Il ont fini pour me faire taire par faire un décret sur mesure m’empêchant de continuer et comme Président, et comme administrateur.
          Le seul pouvoir de la Carmf concernant l’ASV, c’est de dire la vérité sur ce régime de loin le plus mal géré de France. Les syndicats continuent de dire le contraire, faisant croire qu’il est merveilleux car les caisses en paient une partie, sans leur dire la vérité : ce n’est pas les caisses mais indirectement les médecins qui paient, les caisses ne faisant que rembourser une petite partie des honoraires non encaissés, les confrères payant bien plus que les caisses. Et quand je vois le Président de la CSMF dire cette semaine que le C devrait être à 50 euros pour faire plaisir aux confrères, la faute à qui ?

          • C’est l’ASV pour ce qu’il en reste et le rêve de son fruit pour les vieux jours qui fonde la mystification conventionnelle. L’autre volet du joug conventionnel c’est le tarif d’autorité. Pour faire simple, d’un côté l’ASV : la carotte (pourrie en réalité) ! et de l’autre le baton : la crainte du tarif d’autorité. Et les syndicats soi-disant représentatifs doivent tous signer chacun à leurs tour, sinon ils n’obtiennent aucun financement. Mr Maudrux nous explique le mécanisme de l’escroquerie, ici j’explique les raisons politique de l’escroquerie .

          • En ce qui concerne le tarif d’autorité, je n’ai jamais compris pourquoi aucune action n’a abouti au niveau Européen. Je vais voir un médecin en Allemagne, je suis remboursé bien qu’il ne soit pas conventionné en France. En France, je vais voir un non conventionné, je suis pas (mal) remboursé. Or vis à vis de l’Europe : je cotise, j’ai droit, quel que soit les accords entre le praticien et les caisses, ce n’est pas mon problème. J’ai un assureur, je cotise, je dois être remboursé partout pareil en Europe.

  5. La Carmf est une arnaque!! Ma femme n’est même pas prise en charge pour une grossesse et suite de couche pathologiques!! C’est Honteux!! Pourquoi n’avez vous rien fait pour changer les statuts de cette caisse qui n’a rien d’autonome, quand vous étiez à sa tête?Il faut que les médecins et entrepreneurs se libèrent de ces « mafias »!!

    • Elle est en retraite ? La retraite indemnise la grossesse pathologique ou non ? Ce n’est pas parce que vous êtes mal couvert en maladie qu’il faut en accuser la caisse de retraite (qui par ailleurs a mis en place un régime d’invalidité). Ne confondez pas retraite et maladie, et en tant que médecin vous êtes bien placé pour savoir que la grossesse, pathologique ou non, n’est pas une invalidité (ni un volet de la retraite) ! Adressez vous à votre caisse maladie pour vos critiques, ou a vos syndicats pour ce qu’ils ont défendu de ce volet protection sociale, ou passez au salariat.Vous vous trompez de cible et ici de sujet.

  6. Le système de réversion mérite certainement d’être modifié car il n’est pas logique que seuls les conjoints mariés en bénéficient .Pourquoi ne pas comme dans les assurances privées utiliser un coefficient lors de la liquidation de la retraite , je m’explique si on choisit une réversion la retraite est alors diminuée de 20% par exemple ( taux à déterminer selon les tables d’âge et mortalité) et si on refuse la réversion , on touche un taux plein . Les pensions de réversions ne sont certes pas faramineuses mais jusqu’à présent , les femmes ont une espérance de vie bien supérieure à leurs maris ce qui représentent un certain nombre d’années de retraite en plus . En tant que femme médecin travaillant 70 heures par semaine et devant assurer le travail  » dit de mère de famille  » le soir voire la nuit et les dimanches , je ne comprends pas pourquoi mes cotisations sont utilisées pour des pensions de reversions pour des conjoints qui ont pour la plupart choisi de ne pas travailler et qui de ce fait ont une espérance de vie plus longue que les besogneux ! Simple question de justice .

    • Vous apportez une réponse à une des questions que je me pose. La réversion idéale est difficile et n’existe sans doute pas.Prenons le couple de médecins, décès du mari, résultat : retraite pleine + réversion, est-ce normal autant ? Vous avez répondu : parce que vous avez cotisé alors que d’autres n’ont pas travaillé. C’est pour cela que j’étais contre les conditions de ressources, si on nous a fait cotiser, on nous doit les droits, même si on doit en donner un peu à d’autres. Dans un système social digne de ce nom, il est préférable d’avoir de temps en temps des gagnants (de plus ils ont payé), que de temps en temps des perdants.
      Autre question : celui ou celle qui n’a été marié que 2 ans, et qui touche une réversion pleine ? Normal ? Pas trop. Et s’il y a eu d’autres mariages, c’est partage, alors que pour la personne concernée, la situation est identique. Parfois tout, parfois peu, à situation identique.
      Le système actuel a des défauts, mais c’est sans doute le moins mauvais.

    • C’est exactement ce que je pensais ! Pourquoi avoir trimé pendant des années? J’aurais peut-être mieux fait de rester à la maison me mettre du vernis à ongles et de m’occuper du caté ou du rotary ! Je suis franchement dégoûtée !

  7. Ce qui est effarant c’est de voir que Maudrux a raison depuis 25 ans, et dans sa vision des choses, et dans l’application qu’il en a faite avec bonheur à la présidence de la Carmf qu’une loi opportunément taillée sur mesure l’a empêché de poursuivre. Les chiffres, eux, ne peuvent mentir.
    Peut pas lire Maudrux notre Jupiter insomniaque ???

  8. Entre guillemets je vous cite.
    « On a alors tenté de minimiser les projets en disant que certaines baisseront, d’autres augmenteront, ce qui est en contradiction avec la règle de base de la réforme : chaque euro cotisé doit donner les mêmes droits ! » Je ne vois pas où est la contradiction car l’inégalité est existante dans les régimes actuels et vous le savez bien. Justement pour respecter le principe « chaque euro cotisé doit donner les mêmes droits », il est indispensable que certains droits de reversions diminuent puisqu’on n’a pas les moyens de faire l’égalité avec le régime le plus avantageux pour tous.
    « En répartition, vous ne cotisez pas pour votre retraite, rien n’est mis de côté, mais vous cotisez pour ceux qui sont à la retraite. Cette situation est tout à fait supportable si vous toucherez un jour les mêmes droits, mais ce n’est pas le cas. … La répartition n’est ni juste, ni équitable, … La génération suivante payera pour vos droits qu’elle n’aura pas. » Effectivement par exemple pour l’AGIRC en 1947 le prix d’achat d’un point était de 26F et rapportait 4F soit un rendement virtuel de 0,1538 en 2018 le prix d’achat d’un point est de 5,8166 x 1,25 (taux d’appel) soit 7,27€ et rapporte 0,4352€ soit un rendement virtuel de 0,0598. Ainsi, le rendement AGIRC a diminué de 61%. C’est le prix à payer pour l’allongement de l’espérance de vie. Pour revenir à la situation de 1947 il faudrait que tous les actifs travaillent jusqu’à 80 ans et vous le savez bien.
    Vous tirez à boulets rouges sur la répartition. Or mon père, décédé, a été salarié 15 ans avant la mise en place du régime général, il disait que la répartition a été instituée après l’échec de la capitalisation. Pour valider ses dires j’ai fait des recherches historiques. Le régime des gaziers est passé de la capitalisation à la répartition en 1934. Le régime des cheminots était mixte (capitalisation/répartition) au moins jusqu’en 1937. Vous qui étiez dans le système des retraites pouvez-vous confirmer ou infirmer ces informations ? Tous le monde parle de capitalisation est-ce la bonne solution, les actions ont-elles vocation a toujours monter ? Que deviennent les retraites lors des cracks boursiers ?
    Pour en revenir à la réversion voici ce que je propose :
    Lorsque la pension de réversion est supérieure à 1,5 x smic, elle devrait être une pension différentielle c’est à dire :
    Le conjoint survivant est assuré d’avoir au minimum la pension de réversion du conjoint décédé. Donc le montant versé serait égal à : montant de la pension de réversion moins les revenus propres du conjoint survivant.
    Lorsque la pension de réversion est inférieure à 1,5 x smic, elle pourrait être cumulée avec les revenus propres du conjoint survivant dans la limite d’un plafond égal à 1,5 x smic. Le coefficient de 1,5 est une suggestion.

    • Vaste débat intéressant mais qui prendrait des pages.
      En ce qui concerne le principe 1 euro cotisé = mêmes droits, je confirme : si la même cotisation donne pour l’un réversion, pour l’autre non, il y a contradiction, même s’il y a des arguments recevables pour les conditions de ressources.
      Répartition, capi, chute des rendements ? Oui j’en sais quelque chose, j’ai même écrit un livre sur les retraites il y a plus de 20 ans, qui a reçu un prix littéraire et qui est toujours 100% d’actualité. Je relèverai quelques inexactitudes dans vos propos.
      Chute de rendement, oui, c’est mathématiquement normal. Situation en 1947, retraite à 65 ans, espérance de vie à l’époque : 65 ans. Pour revenir à cette situation, le COR l’a simulé dans son premier rapport (en 2000) : + 9 ans de cotisations. Mon reproche n’est pas cette situation, pour laquelle on ne peut rien, mais le fait qu’on n’annonce pas la couleur aux cotisants, on leur fait croire qu’ils auront les mêmes droits, en on en distribue encore plus sachant qu’ils ne sont pas financés.
      Il n’y a jamais eu de caisse par capitalisation en faillite en France depuis toujours, et cela n’a jamais été la cause du passage à la répartition. C’est l’appât immédiat, la possibilité politique de donner des droits sans les garantir et surtout, son créateur Bismarck le disait très clairement et honnêtement : asservir le peuple, le rendre dépendant de l’Etat. Les socialiste de 1945-47 étaient contre lors de sa généralisation : « un système qui ne donnait une retraite qu’aux morts ». En effet espérance de vie 65 ans = une moitié meurt avant, l’autre après, donc la moitié cotise pour rien toute sa vie. Ils n’avaient pas totalement tort si on porte l’âge de départ à 75 ans !
      La retraite en capi, ce n’est pas que des actions. 1/3 actions, 1/3 obligs, 1/3 immobilier. Les crises et les actions ? Sur 10 ans, oui, pas sur 30 ans, c’est régulier (6-7% sur 50 ans, 100 ans) et l’épargne retraite, ce n’est pas sur 5-10 ans. La caisse des médecins, sur ces 25 dernières années, fait 4% sur ses réserves, malgré 3 grosses crises (inédit en 100 ans) en peu de temps, 2002, 2008, 2011 , celle de 2008 étant supérieure à 1929.
      Pour résumer tout cela, les médecins ont le plus bel exemple avec leur 3e régime, l’ASV. Créé en 1962, fonctionnant en quasi capitalisation et facultatif. Marchait très bien, 22 ans de réserves. En 1972, syndicats et Etat décident de le faire passer en répartition et obligatoire. Pour plaire aux médecins, on augmente les retraites, on distribue des points gratuits. Pour qu’ils votent comme il faut, en 1981, redistributions, re-augmentations,.. On vide les caisses, puis on doit augmenter les cotisations et baisser les retraites. Résultat final, de 35% au départ le rendement est tombé à 3,5%. Ces 10 dernières années la retraite a été divisée par 2, la cotisation doublée. Connaissez vous une crise boursière durable avec prix des actions divisé par 10 ? Votre baisse de 61% dans l’AGIRC, idem. La faillite de la répartition existe, elle a des chiffres connus, très supérieur à toute faillite financière, mais tout est dans la présentation.
      Alors l’idéal, ce que je dis depuis toujours : ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Un régime de base en répartition pour moitié, un régime complémentaire en capitalisation pour l’autre moitié. Or ce que l’on nous propose, c’est la fusion des deux régimes dans un seul et unique panier. Ce n’est plus Jupiter, c’est Bismarck.

    • Je n’en suis pas aussi sûr. Même si la répartition est un mauvais système, elle est légale. Résultat, ce que ne payez pas en cotisations déductibles, vous le paierez en frais d’avocat et en impôts non déductibles, pour in fine être obligé de payer (comme votre chef de file qui a dû être régularisé bien qu’il dise qu’il est possible de ne pas payer, lui qui n’a pas réussi, sans compter sa lourde condamnation). RDV dans quelques années pour voir si vous avez bien fait.

  9. Nos dirigeants ne semblent pas savoir qu’une réversion ne suffit pas à payer les frais fixes du survivant ?? Nous avons comme l’impression, en fait, que cela ne les intéresse pas le moins du monde. Ils sont parfaitement inconscients, n’ayant aucune idée, vu leur niveau de rémunération, de ce que peut être la difficulté pour une veuve ou un veuf de boucler les fins de mois avec une pension de réversion très basse.
    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec l’évocation d’une pyramide de PONZI dans le cas de la répartition. Dans celle ci on sait à peu près comment cela fonctionne, même s’il y a des arnaques. Dans la pyramide de PONZI style Madoff c’est carrément un gros mensonge dès le départ.
    Je n’entend guère parler de telles difficultés en Allemagne où, si je ne m’abuse, l’âge de la retraite est à 67 ans. Ont ils autant de problèmes?
    De tout ceci, et dans bien d’autres domaines c’est la même chose, nous pouvons tirer une conclusion : l’Etat, dirait on, n’est pas là pour protéger les citoyens mais pour les spolier un maximum tout en essayant de nous faire croire, la main sur le coeur, qu’il ne pense qu’à notre bien. De moins en moins crédible. Exemple : 80 km/heure pour sauver nos vies ?? Non, pour nous piquer du fric, c’est tout.

  10. La retraite par répartition a un fonctionnement similaire à la pyramide de PONZI. La contrainte étatique vise à nous rassurer mais le principe reste le même : « Cette technique d’escroquerie repose sur un système relativement simple : les intérêts versés aux épargnants sont prélevés sur les sommes placées par les souscripteurs suivants. Pour que les recettes continuent à couvrir les engagements, il faut une croissance des souscriptions. Dès que celle-ci se ralentit, la cessation de paiement fait découvrir le système de cavalerie ».
    Effectivement il faut être dans les premiers pour être servi … après …

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