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Bolsonaro Président

Il y a ce qu’ils disent, et il y a ce qui est.

Les médias et les politiques de nos pays occidentaux s’inquiètent de la montée du « populisme », de l’«extrême droite », sans vraiment en chercher les causes ni les responsables. Seuls les électeurs semblent coupables de succomber au chant des sirènes et de refuser ce beau monde que tous les autres nous promettent. Aucune autocritique, pas un seul ne se remet en question. Et pourtant, n’est-ce pas l’échec des autres qui est le premier responsable ? Quand tous ont échoué, ne font que des promesses et quand on ne croit plus à ces promesses jamais tenues, pourquoi reprocher aux électeurs d’essayer une autre voie ?

Bolsonaro au Brésil est le dernier vilipendé. Hollande à son propos dit : « Nous sommes dans un moment très grave pour les démocraties où nous devons nous méfier de ces personnalités qui à un moment embrassent les aspirations d’un peuple… la France n’est pas à l’abri de ce phénomène où des personnages qui veulent être dans un rapport direct au peuple, peuvent arriver aux responsabilités suprêmes du pays ». Voilà qu’»embrasser les aspirations d’un peuple » et « avoir un rapport direct « avec ce peuple devient un danger pour la démocratie ! N’est-ce pourtant pas la vocation de tout élu ?

Jean Louis Debré, ancien Président de l’Assemblée et du Conseil Constitutionnel pose lui plus sérieusement le problème : « aujourd’hui, ni la gauche ni la droite républicaines n’incarnent une espérance pour les Français… Pour empêcher l’arrivée d’un homme providentiel, il faut que les partis politiques aient quelque chose à dire, et comme ils n’ont plus rien à dire (…) alors on se tourne vers un personnage qui vient de nulle part ou d’ailleurs et qui va se frayer un chemin sur les décombres des partis traditionnels ».

Reprenons l’exemple de Bolsonaro. En quoi est-il dangereux. Son programme ? Il a annoncé, répété haut et fort qu’il voulait « libérer définitivement » le Brésil « du joug de la corruption, de la criminalité, de l’irresponsabilité économique et du carcan idéologique », et dit qu’il serait, très légaliste l’ « l’esclave de la Constitution ».

 Le Brésil, c’est d’abord près de 180 morts violentes par jour. Entre 2011 et 2015, 278 900 morts, contre 256 000 dans la Syrie en guerre sur la même période ! 50 000 viols par an, 250 000 sur les 5 dernières années. 1 million de véhicules volés par an, un toutes les minutes. Le peuple veut être en sécurité, c’est le premier rôle de l’Etat et la première promesse de Bolsonaro dans son programme.

Lula a corrompu la politique entre autres en rémunérant les députés votant pour sa politique, 40% des membres du parlement sont inculpés ou mis en examen. Bolsonaro veut combattre cette corruption, deuxième point du programme. Lula était un socialo-communiste, grand admirateur de Castro et du Venezuela. Il faisait fuir les capitaux et sa politique conduisait à la faillite : -6% de PIB sur les 2 dernières années. Bolsorano juge l’Etat trop protectionniste, dépensier et inefficace. Il veut en diminuer le rôle, les dépenses, la dette, simplifier la fiscalité et diminuer les impôts. Exactement ce que veulent nos gilets jaunes !

La sécurité, l’équilibre des comptes, l’honnêteté et l’augmentation du pouvoir d’achat seraient-elles des valeurs d’extrême droite ? C’est ce qu’on veut nous faire croire ?

Il veut encore « lutter contre les mauvaises prestations du système de santé, les écoles qui endoctrinent au lieu d’éduquer », et veut « former des citoyens prêts à entrer sur le marché du travail, contrairement aux gouvernements précédents, qui ont investi dans la formation de mentalités esclaves et assistés. »

Pire, Bolsonaro joint les actes à la parole ! Sa première nomination ? Sergio Moro, un juge anticorruption, un de ceux qui risquent sa vie tous les jours sur le terrain et qui réussit. La seconde ? Un économiste libéral, pour rétablir les comptes et en premier réformer les retraites (Paulo Guedes, fondateur d’un Think Tank équivalent de l’IFRAP chez nous).

N’y voyez pas un soutien inconditionnel à ce monsieur. Il n’est pas parfait, on le dit conservateur en ce qui concerne les mœurs, mais il n’y a aucune proposition sur ces sujets dans son programme, ses priorités sont ailleurs. Et quand on le qualifie de conservateur sur ces sujets, sommes-nous bien placés pour juger alors que c’était le quotidien chez nous il y a 50 ans ?

Et puis soyez sans crainte, le Brésil est une démocratie, assez proche de la nôtre et le pouvoir n’y est pas absolu, le parlement ayant plus de pouvoirs que le nôtre. Il semble qu’il soit pragmatique et capable de changer : quand il était député, il lui est arrivé de voter pour des projets socialistes, avec des idées plutôt antilibérales, votant souvent contre les privatisations et parfois pour l’augmentation de dépenses publiques. Il a changé avec Paulo Guedes, homme le plus important de son gouvernement, et qui ne partage pas les anciens discours conservateurs sur les mœurs de son Président. Et puis qu’est-ce qui est le mieux : un Président qui réussit la moitié de bonnes réformes et fait quelques bêtises, ou un Président qui ne réussit rien et fait tout autant de bêtises ?

On vient encore de le critiquer concernant l’éviction de contractuels de l’administration publique. « Ça n’a aucun sens de conserver dans un gouvernement ayant un profil comme le nôtre des gens qui défendent une autre logique, un autre système politique, une autre organisation de la société ». S’il était en France, c’est sans doute les énarques qu’il virerait, en effet, pourquoi garder des salariés qui vous mettent des bâtons dans les roues ? N’y a-t-il pas une logique d’efficacité dans cette attitude ? Et puis n’est-ce pas la mise en pratique du « théorème » d’Einstein : « Vous ne pouvez régler les problèmes avec ceux qui les ont créés. » Alors Einstein extrême droite ?

Personnellement, avant de parler d’extrême droite, je le jugerai sur ses actes et pas sur des paroles de Français mal placé pour juger. Mettre dans les priorités la sécurité des citoyens, la lutte contre la corruption des élus et des institutions, cesser de s’endetter, simplifier la fiscalité et prôner l’équilibre des comptes n’est pour moi pas un discours d’extrême droite, mais le béaba de tout élu et un bon sens qui nous manque.

Pour terminer, un sujet qui m’est cher : les retraites. Pour Guedes, c’est le « premier et plus grand défi » du gouvernement, qui garantira « dix ans de croissance soutenue » si elle est approuvée « en deux ou trois mois ». Il n’a rien dévoilé, mais j’ai ma petite idée là-dessus (j’y ai consacré un chapitre dans mon livre il y a 20 ans), j’en ferai un prochain billet, car ce qu’il veut faire est l’inverse de ce que veut faire Macron.

Gérard Maudrux

Gérard Maudrux

25 Commentaires

  1. Excellente analyse de votre part Mr Maudrux. Si on se penche sur l’histoire il semble qu’un pays profite des hommes politiques compétents, volontaires et ambitieux pour leur pays. Qu’ils aient une vie personnelle contestable est sans intérêt. Donc, effectivement, voyons les actes, tout le reste est littérature.

    • Merci d’avoir si bien compris ma vision des choses. On m’a reproché d’être passé un peu rapidement sur le personnage sulfureux, sans l’occulter, mais c’était volontaire car pour moi hors (mon) sujet. Ce qui est intéressant et ce sur quoi je voulais insister, s’est la situation qui a mené à son élection et qui nous menace aussi, et les solutions qui sont proposées qui doivent nous faire réfléchir, est-ce que certaines ne seraient pas bonnes pour nous ?

  2. L’année 2019 a apporté au Brésil son Messie, plus proche de Mahomet que du Christ car prêt à défendre le drapeau national vert et jaune contre le drapeau rouge d’un régime socialo-communiste corrompu au gigantisme étatique qui aura fini destitué par ses institutions démocratiques au motif d’une corruption généralisée qui a occulté les quelque avancées sociales du régime présidé par Lula actuellement emprisonné.
    Pour ce faire, il est prêt à verser le sang du peuple brésilien après avoir versé inopinément le sien pendant la campagne électorale. Son programme intègre des méthodes pas très « catholiques » et des réformes musclées calquées sur ses modèles idéologiques que sont Trump, Netanayhu et peut-être même Duarte. Ainsi, il espère moderniser son pays, restaurer les valeurs morales traditionnelles et le ramener dans la cour des grands par tous les moyens, y compris en récupérant 15% du territoire national jusqu’ici dévolu au demi million d’Indiens d’Amazonie, en leur proposant en échange de leurs traditions et de leur liberté un smartphone et un abonnement à la 4G. Ces méthodes peu orthodoxes peuvent choquer, mais comment remettre un pays, encore démocratique, parti à la dérive, sur les rails ?
    Cet aspect « dictatorial » dans un contexte politico-socio-économique latino- américain particulier est peut-être la moins pire des solutions pour pallier les insuffisances et les dérives des systèmes démocratiques déliquescents qui laissent la voie ouverte à l’anarchie ou à la dictature. La démocratie doit rester un Etat de droit même si elle doit recourir à la manière forte pour s’y maintenir et ne pas dériver vers des dictatures « institutionnalisées », comme c’est le cas chez son voisin vénézuélien où son Président après 6 ans de pouvoir laisse un pays exsangue et un peuple affamé, condamné à s’exiler massivement (2,3 millions d’exilés en 2018) pour survivre, dans un pays qui a vu en 2018 son PIB baisser de 15% avec une inflation de 1 350000%. C’est d’autant d’opposants en moins et de bouches à nourrir dans un pays qui ne créant plus de richesses n’est même plus capable d’exploiter ses ressources naturelles pétrolières, faute d’investissements. Maduro a su « institutionnaliser » une dictature dans un pays qui avait le statut de démocratie en viciant les institutions, en ôtant tout pouvoir au Parlement et en lui substituant depuis 2017 une assemblée constituante qui impose sa loi avec l’aide de la Cour suprême de justice proche de l’exécutif, ce qui vient de lui permettre de prêter serment devant le tribunal suprême de justice pour renouveler son mandat 6 ans de plus.
    La France, dit-on, a tout pour réussir, et ce serait d’autant plus vrai si la mentalité française évoluait vers plus de pragmatisme et moins d’orthodoxie idéologique socialo-communiste. La démocratie française est à un tournant et prenons garde car des esprits dits « éclairés » comme Mariani et Garraud récemment, commencent à se tourner par opportunisme ou pire par conviction vers les extrêmes. A tout choisir, souhaitons pour la France un Messie plutôt brésilien que vénézuélien.

    • Bien que toute notre presse titre qu’il y a un danger pour la démocratie, j’en suis moins sûr. Le Brésil est une démocratie, avec une Assemblée qui a un certain pouvoir et où le Président n’est pas majoritaire, pas moins de 30 partis y sont représentés. Il a une obligation : trouver un consensus avec beaucoup de tendances différentes. Idem pour le Sénat. Il y a de plus un parquet plus fort et plus indépendant que chez nous, capable de mettre en prison un Président en titre. Le vrai danger pour une démocratie, c’est la corruption des élus et surtout la résignation des citoyens, et toute révolte, dans la rue ou dans les urnes, est un pas de plus vers la démocratie. Ceci dit, dans ces pays, on ne peut jurer de rien.

  3. A avoir une vision trop orientée et parcellaire des choses, des gens, on se fourvoie souvent. Ca peut difficilement permettre de valider une théorie, car le postulat de départ est déjà bancal. Une vision globale est je pense toujours plus sage et plus objective, mais certes moins « éclatante » ou subversive. Mais pas forcément politiquement correcte non plus. On ne fait avec des Hommes (au sens large) tordus et cyniques probablement que très rarement de bonne réformes. Et ils sont nombreux ces Hommes sur notre planète.
    Non content d’être mysogyne, anti avortement, anti LGBT, adossé à un preacher très sulfureux, etc, etc…le fameux Bolsonaro est un mec aux pratiques assez sales et aux programme un peu trop beau pour être vrai pour un si gigantesque pays. Vous découvrirez surement des choses à postériori dont vous vous offusquerez de loin mais qui sont souvent malheureusement prévisibles voire dépassent la fiction.
    Jouer à cautionner ce genre de personnage ne serais ce que partiellement, revient à jouer avec le feu. En effet, dans une époque postmoderne ou tout se vaut, ou l’éthique n’apparait plus comme une valeur majeure, et ou l’argent est le nouveau Dieu et seule « valeur » sans morale, et l’humain non « influent » toujours une variable d’ajustement, remettre un peu les choses en perspective serait un peu salvateur.
    Surtout venant de nous médecins, quoique…
    Ca ne veut pas dire qu’on ne doive pas se poser de questions sur nos politiques, notre organisation sociale, nos valeurs, le partage de notre argent public de façon plus transparente etc… Mais halte aux polémiques fumeuses de ce type. Très poujadiste. La mode « gilets jaunes »?
    Ce n’est que mon humble avis.
    Sinon, Mélanchon ou Marine nous attend tjrs au tournant…Mélanchon, juste un peu fasciné par les dictateurs sud-américains et chinois et leurs méthodes. Bref, tout ça a un mauvais relent années 30…C’est peut être un peu trop politiquement correct voire « cliché »de le dire…mais je pense qu’on ne le dira jamais assez.

    • D’accord avec vous, la première leçon et la plus importante pour nous c’est pourquoi il est arrivé là, et nous devons effectivement nous poser des questions sur nos politiques, notre organisation sociale, nos valeurs, le partage de l’argent public,…

  4. Certains critique le nouveau president du Brésil comme un homme politique d extrème droite : ça fait politiquement correct
    …. par contre critiquer “ l extrème droite fiscale Française “ que j ai défini comme le nazisme fiscal : là il faut pondérer , ce n est pas si simple , si vous payez tant d impots c est que vous êtes chanceux , c est compliqué , les impots ça consolide la paix sociale ( les Gilets jaunes : bel exemple de paix sociale ) , ça vous permet de vivre avec plus de securité ( surtout dans nos banlieux brésiliennes du 9-3 , de Marseille Nord , de Lyon , du Mirail Toulouse et j en passe) …. de realiser qu on a baissé la vitesse de 90 à 80 pour votre sécurité ( combien connaissez vous parmi vos proches qui ait eu un accident sur une route departementale
    = moins de 1/25 . Probabilité 60 % – faites le test autour de vous , vous serez surpris , et là je ne parle pas des zones de non droits , je parle juste de l utilité de l impot pour votre sécurité …. mais si vous vous faites cambrioler c est un peu normal non ?
    Et si vous avez du temps et maniez un petit tableau Excell allez donc etudier les chiffres d activité de Tracfin ( disponibles sur le net ) entre sa creation ( un bonne dizaine d année ) et 2017 – Tracfin est devenu une machine à eplucher les transactions des notaires et lancer des controles fiscaux plutôt que de s occuper du terrorisme , des armes et de la drogue …. peut être que Plenel dans son organe de presse fiscal pourrait en parler .
    Mais c est mieux de s offusquer de l election du nouveau président du Brésil
    cet homme d extrème droite qui inquiète François Hollande et qui oublie de nous rappeller qu il a été salarié de la cour des comptes pendant des dizaines d annees , qu il touche une retraite de la cour des comptes sans y avoir foutu les pieds pendant plus de 25 ans : mais ça ce n est ni de la corruption , ni de la fraude fiscal …. c est juste une petite partie des 60 milliards d euros que coute l absenteisme dans la fonction publique .
    Mais en France nous avons des hommes politiques qui savent parler de façon correcte , savent donner des leçons de morale , d humanité , de social mais toujours au service du nazisme fiscal qui payent leurs salaires et tout leur petit monde .
    Dernier exemple en date les modification de l abus de droit.
    A partir de janvier 2020 , fini les transmissions en nue propriété sans même savoir ce que cela va rapporter .Depechez vous , vous avez moins d un an pour transmettre votre nue propriété à vos enfants .
    https://argent.boursier.com/impots/analyses/abus-de-droit-fiscal-inquietudes-autour-de-la-nue-propriete-5280.html
    ….. l instabilité fiscale c est un crime contre la nation mais ça on s en fiche : le danger c est le nouveau president du Bresil

  5. Est ce que vous avez une idee de la violence en Guyanne , en Martinique , en Guadeloupe et a Mayotte …. ce sont des départements français avec un Prefet . Avez vous une idee de la montée de la violence en Nouvelle Caledonie ?
    …. tous ces bouts de France
    n ont rien à envier au Bresil en terme de climat , de musique , de dance mais aussi malheureusement de Violence
    ….. et ce qui se passe la bas dans la France lointaine moins de 10 ans apres arrive en France metropolitaine ,

    L instabilité fiscale est un crime contre la nation

    La dette de l etat est un crime contre la démocratie

    Aujourdhui on s offusque des 57 milliards de dividendes des grands groupe du CaC 40 mais personne ne s offusque que l absenteisme dans la fonction publique c est plus de 57 milliards d € par an .

    On accuse :
    – le grand capital
    – les multinationales
    – l Europe
    – l Euro
    – la Fraude ficale , je dirais plutot les resistants fiscaux
    – les Exiles Fiscaux qui fuient le Nazisme fiscal , apres tout
    De Gaulle n etait il pas un exilé qui appellait à la resistance ?

    Aucune capacité à se retourner sur notre popre histoire et nos seules décisions
    ….. toujours la faute des autres

    Mais en France nous avons une extreme droite qui s appelle le rassemblement national mais qui ne rassemble
    que les ultra-déçus
    Marine le Pen veut retablir
    L ISF pour faire fuir plus encore que de rassembler .
    ….. pourquoi ne demande t elle pas la transparence et echanges d informations bancaires sur tous les Français qui ont des comptes au Maroc , en Algerie et en Tunisie ….. au moins cela donnerait un sentiment que l équité est un peu plus respectée dans notre pays et ça pourrait rapporter une surprise plus consequente que la cellule de Bercy de Hollande ef Woerth qui a rapporté de la poudre de perlimpinpin : un demi-milliard par an ( amende comprise ) pendant 7 ans .

    C est pas l extreme droite qui va faire revenir l argent en France , ni les entrepreneurs , ni les investisseurs .

    – c est la stabilité fiscale / mais elle n existe pas
    – c est le liberalisme / mais il n existe pas
    – c est le bon sens / mais il n existe plus
    – c est un gagnant qui saura mettre de côté les prejugés ,le politiquement correct , detruitre la tyrannie de l immobilisme , fixer des objectifs sur une période donnée et s y tenir , être courageux …. mais cet homme là il n existe pas ….. ou plutôt il existe mais il a appliqué tout ce qui est mentionné plus haut pour autre chose et dans un autre domaine :
    Didier Deschamp !

  6. Les Brésiliens ont élu Bolsonaro sur la promesse de régler la question de l’insécurité et la corruption généralisée qu’ils ne supportent plus, c’est exact.
    Pour autant, comment oublier qui il est : misogyne et machiste assumé, il a réglé ses comptes dans l’enceinte de l’assemblée avec la députée Maria do Rosario en lui renvoyant qu’elle était trop moche et qu’elle ne méritait même pas d’être violée ; homophobe (il préférerait que son fils meure en voiture plutôt qu’il soit homosexuel, il traite de grosse gouine la ministre des droits de la femme et de parti de pédés les membres d’un parti adverse, il défend le mauvais traitement aux enfants ayant des tendance homosexuelles…), raciste dans un pays multiracial (ses fils ne tomberaient pas amoureux d’une noire parce qu’ils ont bien été élevés,… ). Etc etc etc
    Il défend la torture pour l’obtention d’information (car les dealers n’ont plus de droit humain)
    Il va libéraliser le port d’arme. Quelle réponse dans un des pays qui a le plus d’homicides au monde (plus de 60000 homicides/an soit 31/100.000 habitants) ! Effectivement, on jugera sur les résultats.

    Lula (2003-2010) n’est pas blanc, il est accusé de corruption (intérêt dans l’attribution de contrat à Petrobras).
    Mais vous ne pouvez pas balayer son bilan d’un revers de main : 28 millions sortis de la misère, émergence d’une classe moyenne (39 millions dont mon gendre), 2001-2008 : le revenu des 10 % des plus pauvres a augmenté de 72 % quand celui des 10 % les plus riches a progressé de 11 %. Les gilets jaunes en rêveraient.
    Et sur le plan économique, ce n’est pas la catastrophe que vous décrivez puisque le Brésil est passé de la 13e économie mondiale à la 8e en 2010.

    • L’esprit de mon billet n’est pas de défendre l’homme, qui n’est pas défendable, mais son programme écrit qui correspond aux besoins du Brésil. Je suis comme le Président du Chili qui a dit : « le programme économique de Bolsonaro va dans le bon sens » en ajoutant qu’il n’« était pas d’accord avec certaines de ses déclarations sur les femmes et les homosexuels ». Il est pour moi aussi question de bien mettre en évidence les causes qui ont mené à son élection, sous entendant que la France allait petit à petit vers une situation assez similaire.
      Pour les derniers PIB, je confirme les chiffres que j’ai donné et que j’ai revérifié pour les 3 derniers bilans connus : -3,5% en 2015, – 3,5% en 2016, + 1% en 2017, ce qui fait bien les -6% donnés.

  7. Bonjour,
    n’avons nous pas aussi l’homme providentiel venu de nul part en la personne de Mr Macron ! Un type plutôt rassurant comparé à Mr Bolsonaro.
    Pour la violence ambiante du Brésil, y faudrait il pas alors un homme à poigne pour l’instant de ce pays ?
    Ma crainte dans l’avènement toujours possible de ces personnages c’est la fragilité des institutions démocratiques ? La puissance numérique au service d’un pouvoir autoritaire, prêt à tout pour faire taire ses oppositions est un vrais danger. La vacuité de la représentation nationale, la non représentativité des corps intermédiaires voire l’infiltration de l’appareil sécuritaire de l’Etat sont aussi un véritable problème pour notre démocratie.
    Le mouvement des gilets jaunes illustre trés bien la distance qui règne entre les sans dents et l’aristocratie républicaine.
    Aprés Macron, attendons un Trump, un Bolsonaro, un Erdogan à la française pour prendre la suite et bien sur avec la promesse de faire mieux !

  8. vous etes un as de la polemique et de la rethorique.
    si on lit vite, on ne peut qu’etre d’accord..
    si on approfondi(e ?) un peu,certains raccourcis sont un peu simplistes..
    mais, vous dites encore et toujours pas mal de verités

    • Je ne fuis pas les sujets qui fâchent. Il faut les analyser sans tabou, calmement sans rejeter en bloc. Est-ce tout mauvais ? Y a-t-il une parcelle de bon à exploiter ? Si cela semble bon n’y a-t-il pas un os caché ? J’aime en donner une version différente, toujours en m’appuyant sur des faits, pas des on-dit, afin de faire réfléchir, ensuite chacun se fait son opinion et on peut ne pas être d’accord, mais en toute connaissance de cause. Exemple Bolsonaro qui vire les fonctionnaires communistes, on se dit d’abord c’est du Trump et ne mène à rien. J’en donne une vision différente qui nous fait penser : mais n’est-ce pas lui qui a raison, et pas moi ? Votre réponse vous appartient, mais elle est plus éclairée. Ce n’est pas pour rien que quand le QDM m’a demandé de faire ce blog, il en a choisi le titre : anti-conformiste.

    • Vous avez raison mais il faut être patient. Dans 5 ans nous verrons si cet edito sera source de gloire ou de honte pour son auteur.
      Le politiquement correct est souvent détestable mais prendre son contre pied systématiquement…..

  9. OUI, cher Confrère, il faut que le buisness continue, et les humains ne sont pas faciles à conduire. J’ai cru comprendre que les dirigeants s’accusent tous de corruption, à un moment où a un autre. Cependant, je n’aime pas trop le retour  » à l’ordre de la dictature militaire », qui n’était un ordre que très parcellaire, et qui devait beaucoup aux parachutistes Français des années 60. Parole d’ancien parachutiste. Quand « vous avez pris le pouvoir » vous sentiez bien ce terreau, même moi je m’en suis rendu compte.Bien Confraternellement.

  10. « Et qu’est ce qui est le mieux : un Président qui réussit la moitié de bonnes réformes et fait quelques bêtises, ou un Président qui ne réussit rien et fait tout autant de bêtises » : tout est dit. Encore une fois je vous remercie pour votre lucidité et surtout votre pragmatisme. J’attends avec impatience votre prochain billet sur la réforme des retraites, le hold-up en préparation sur les réserves des caisses des professionnels libéraux me hérisse au plus haut point, j’espère de tout coeur une intervention de votre part dans les médias grand public : vous êtes plus que légitime sur le sujet, bien sûr il faudra que ces mêmes médias vous invitent et surtout que vous en ayez envie. D’avance merci.

    • C’est fou comme le cerveau parfois fonctionne mal, on lit une fois trop vite, ensuite c’est imprimé, et tout le monde lit pareil ! Cela me rappelle un texte où toutes les consonnes sont mélangées, et que l’on lit tout à fait normalement. Mes excuses, je corrige. Merci.

  11. Le Brésil c’est un peu loin et juger sur des échos lointains est bien difficile et dangereux.
    J’en ai un peu discuté avec ma nièce brésilienne qui a 25 ans et a vécu au Brésil jusqu’à 20 ans:
    – L’insécurité est une réalité prégnante (et elle ne vivait ni à Rio ni à San Paul). Elle trouve d’ailleurs extraordinaire de pouvoir aller toute seule au ciné en France le soir…
    – Elle n’a pas voté pour Bolsonaro (ni pour le PT). Il y avait d’autres candidats apparemment trop « raisonnables » pour qu’on en parle dans nos infos.
    – Visiblement le résultat final la désole.
    C’est UNE opinion d’une personne mais sans le filtre d’internet ou des médias ou des gens qui causent.
    C’est la mondialisation, elle sort avec un américain venu faire un post-doc en France qui lui se désole à cause de Trump…
    J’espère qu’on ne sera pas nombreux à se désoler d’avoir MLP ou JLM à l’Elysée en 2022.

  12. Sur Bolsorano je n’ai pas d’opinion et veut bien vous entendre.
    Les propos de Hollande sont effectivement effarants par rapport à la démocratie. Dans la montée des populismes en France il a probablement sa part de responsabilité. Je dis toujours que si en Europe le populisme est en croissance, il faut que l’Europe et nos gouvernants se posent des questions sur leurs politiques mais ils ne le font pas.
    Si, comme le préconise Hollande, les dirigeants ne doivent pas embrasser les aspirations d’un peuple ou être dans un rapport direct au peuple cela mène aux gilets jaunes et en 1789 à la révolution.

  13. Mais ce n’est pas du tout comme ça qu’il est présenté dans nos médias pourtant réputés si objectifs…

    • C’est pour cela que j’ai voulu faire ce billet, dans un pays où il est difficile de discuter objectivement de faits, et où on voit toujours le mal, même s’il y a plus de bien à côté, que l’on a le droit de souligner sans nier les mauvais côtés. Je sais que mon billet sera polémique vu ce qu’on dit chez nous et qu’il y aura des critiques, mais vous savez que ce qui m’intéresse, ce n’est pas l’homme, mais ce qu’il fera pour son pays, et ce qu’il propose, me paraît être ce dont a besoin la France. Il faut aussi le voir dans le contexte du Brésil, sur lequel on ne dit pas grand chose, alors que ça explique facilement et légitime son arrivée. Quand j’ai pris le pouvoir à la Carmf, on m’a donné la même réputation, et avec mes actes, on c’est aperçu que j’étais tout le contraire. Alors comme toujours je juge sur les actes, pas sur les on-dit, même s’ils ont ici un fond de peut-être vrai. J’ajouterais pour la remarque précédente de notre consoeur qui a sans doute raison, qu’il y a des gens que l’on croyait bien chez nous et qui ont violé des femmes, alors qu’à ma connaissance Bolsorano n’a violé personne. Des actes et rien d’autre, il y a des gens qui parlent mal et qui agissent bien, et d’autres qui parlent bien et agissent mal. Bolsorano fait sans doute partie de la première catégorie, nos hommes politiques de la seconde. Qu’est ce qui est le mieux ?

  14. « Conservateur dans les mœurs » : c’est un euphémisme ! Il aurait dit que certaines femmes méritaient d’être violées et sa position est anti-avortement. On ne peut se féliciter d’un président qui méprise les femmes.

    • Je n’ai pas vu cela, mais je n’ai pas tout vu, et je n’ai pas occulté certaines positions qu’on lui prête en disant qu’il n’était pas tout blanc, surtout sur ces sujets. Vu son programme de campagne, il donne l’impression d’avoir mis son côté noir de côté pour ne garder que ce qui est bon pour le pays, et sur ces sujets, il semble qu’il ait l’intention de garder le statut quo. On a aussi dit beaucoup sur les homos, ils ont voté pour lui, les femmes aussi. N’a-t-il pas aussi nommé une femme pasteur pour un ministère des femmes, des familles et des droits de l’homme ? A suivre, et jugeons sur des actes.

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