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L’exemple Notre-Dame.


Notre-Dame est un symbole dans plusieurs domaines, entre autres symbole d’une France dont le patrimoine, matériel et immatériel est en danger, symbole de la politique du faites ce que je dis, pas ce que je fais.

L’enquête matérielle débouchera sans doute sur un grand classique dans ce genre de réfection de toiture, après le passage d’une équipe de soudeurs : quelques braises derrière une plaque soudée, qui ont le même effet qu’un mégot dans une forêt au mois d’aout. Elle montrera aussi des défauts de surveillance, d’anticipation et les mauvaises pratiques de l’Etat.

Depuis quelques mois, tous les maires des petites communes sont paniqués par une énième norme, imposant une borne incendie à moins de 200m de toute habitation. Des sommes faramineuses dépassant les budgets des communes devront y être consacrées, faute de quoi plus de permis. Les particuliers ont dû tous s’équiper de détecteurs, dont on ne sait s’ils marchent et s’ils servent, il y en avait à Notre-Dame. Dans tout hôtel, vous avez droit tous les ans au passage des pompiers pour contrôler la mise en œuvre de nouvelles contraintes qui fleurissent toute l’année, et tous les bâtiments sensibles sont équipés de sprinklers. Tout le monde doit aussi être assuré.

Notre-Dame est la propriété de l’Etat, et n’est pas assuré, comme la plupart de ses biens. Pas de souci, les contribuables seront mis à contribution en cas de besoin. Ici ce sera une contribution nationale. Des détecteurs, il y en avait, ils ont fonctionné, mais ont-ils servis pour une intervention dans la première demi-heure, quand il était encore temps, surtout là où du feu a été utilisé ? Enfin et surtout ce véritable et gigantesque bucher fait de bois morts et secs entrelacés était-il protégé comme il se doit, comme nous le ferions nous et comme on l’impose ailleurs ? On met des sprinklers sur du béton, mais pas sur du bois ?

La surveillance, l’équipement, l’assurance étaient-ils à la hauteur de la valeur du bien, des moyens et de la responsabilité du propriétaire responsable de notre patrimoine ? L’avenir nous le dira, mais le résultat est là, désolant. Cette forêt de bois sec au cœur de la capitale qui pouvait brûler et qui ne devait pas brûler a brûlé. Il n’y a plus qu’à passer à la caisse, et faites bien ce que je dis, mois je m’en dispense.

Gérard Maudrux

Gérard Maudrux

9 Commentaires

  1. Il faut des gens intelligents et subversifs comme Maudrux Bravo et on en veut encore …..

  2. Il est sûr qu’il y y’a une grande tolérance avec les erreurs, défauts de gestion de l’état. Lorsqu’une catastrophe concerne une entreprise privée c’est la faute au profit, jamais un accident. Le summum étant atteint avec le dénigrement fait des riches donateurs pour reconstruire Notre Dame. L’histoire nous montre comment il est difficile de sortir du communisme. J’attends le Deng Xiao Ping français. Vous imaginez un dirigeant français proclamant :  « enrichissez vous ». Y’a du chemin …

  3. les suppositions me gênent, laissons les enquêteurs faire leur travail.
    Les entreprises qui interviennent sur ce genre de chantiers ne sont pas des amateurs, ils connaissent bien les risques.
    On veut de suite un responsable !
    Lisez le gouvernement des émotions de Pierre Le Coz, on est là dedans et avec un président de la république à fond dans ce jeu ! c’est triste mais moins quand même que Charly Hebdo, l’hyper Cacher, Trébes ou les gens qui meurent sous nos yeux en méditerranée (que l’on voit aux info au moment où on mange!)

    • J’ai mis je suppose car je n’en sais rien et ai pris le cas le plus classique et possible. C’est un accident et donc pas forcément prévisible mais le vrai problème est que l’Etat oblige à mettre des arroseurs dans nombre de bâtiments mais ne le fait pas dans les bâtiments les plus fragiles, précieux et sensibles au feu

      • je sais bien mais je crois qu’on ne doit pas par nos écrits, faire enfler les suppositions, au risque de monter les gens les uns contre les autres.
        Dans ce genre de chantier, il y a eu des réunions de chantiers, un plan de prévention….j’ai été médecin du travail, j’ai assisté à ces réunions, les gens sont des professionnels, sérieux, soucieux de la sécurité de l’ouvrage,des salariés

  4. tu sais comment cela se passe dans l’administration, avec un peu de chance le document est lu et classé, et puis souvent perdu!!!… quand il devient trop encombrant, on en reparle surtout si la presse s’est manifestée, et ne l’oublie pas!!!…quand la presse reste trop pressante,on s’y met sans avoir encore vraiment tous les moyens indispensables suffisants!!!.. et voilà!!!..’ c’est toujours l’argent qui manque le plus, on commence, parce qu’il faut montrer qu’on agit???…et que ça devient une nécessité absolu d’intervenir, parfois trop tard!!!!

    : le document est reçu , lu et classé!!!… s’il y en a beaucoup, on les regroupe et un jour quand le dossier dei

  5. Ce n’est pas la première ni la dernière fois que ce genre d’accident survient
    et à mon stage de médecin de pompiers j’ai appris qu’il n’y avait rien de pire qu’un feu de charpente qui peut couver des heures voire des jours avant d’exploser apparemment les « restaurateurs » semblent l’ignorer

  6. c’est sûr ,ily a eu des négligences et un départ de feu « accidentel  » mais dû forcément aux ouvriers sur le chantier mais que c’était triste de voir ce haut lieu brûler je n’ai regardé que 5mn avant la chute de la flèche puis j’ai éteint
    on fait toujours la liste des négligences après ….pourquoi pour ce haut lieu ne fait on pas une liste avant des risques et de ce qu’il ne faut pas faire chantier ou non
    C’est pour tout pareil c’est ce qui est désespérant car les hommes qui sont sensés diriger doivent prévoir …. »prévoir c’est gouverner  » ??????

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